Comment surmonter nos peurs?


Nous vivons certainement une époque anxiogène, époque où le stress est prédominant.

Les peurs sont multiples et se manifestent à des degrés différents : trouble anxieux, crise de panique, phobie, troubles obsessionnels compulsifs, trouble anxieux généralisé, angoisse.

Tout d'abord, comment peut-on définir la peur?

La peur est une émotion forte et intense éprouvée face à un danger réel et immédiat permettant à l'organisme de réagir par la fuite ou l'affrontement. C'est un mécanisme de défense faisant partie de l'instinct de survie qui est présent chez tous les humains.

Mais l'imaginaire peut jouer un rôle important dans la perception de ce danger ; celui-ci sera plus ou moins majoré en fonction de son histoire.

En effet, les expériences douloureuses vécues dans notre passé sont mémorisées et enfouies au plus profond de notre inconscient et la peur va resurgir au moindre événement reconnu comme identique à l'expérience passée. Nous envisageons notre futur à l'image de notre passé.

De quelles peurs s'agit-il?

Dans l'histoire de l'humanité, la peur a toujours existé ; on est loin de la peur du loup garou, de la peste, des sorcières... Aujourd'hui, il s'agit plus de la peur des catastrophes naturelles, du nucléaire, de la pollution, des manipulations génétiques, de la précarité, du chômage, de l'instabilité économique, de la violence, d'être envahi par les étrangers, de la drogue, de la maladie, de la vieillesse...

On vit une période d'instabilité, d'incertitude, de changements ce qui entraîne un état de doute et d'étrangeté face à la situation. Socialement, nous sommes en manque de repères et nous nous questionnons de plus en plus sur le sens de notre vie et sur nos choix. Nous traversons une période difficile où l'isolement individuel se renforce ; ce qui entretient un état de peur, d'anxiété croissant. L'anxiété généralisée affecte la qualité de nos capacités de réflexion et de raisonnement et entraîne moins de tolérance vis à vis des différences et de l'inconnu. Le partage des émotions à travers les réseaux sociaux se développe de plus en plus car répond à un besoin de se rassurer et d'accéder à une réalité construite socialement.

Comment se construit notre sentiment de sécurité?

La peur est en lien avec notre sentiment de sécurité qui se construit dès la naissance, dans la relation à la mère ou substitut maternel et l'environnement familial. Un parent suffisamment bon, disponible, avec des attitudes constantes sera perçu comme une figure d'attachement fiable. Avec une bonne base de sécurité, l'enfant va pouvoir explorer son environnement. Avec le temps, l'enfant avec attachement sécurisant va développer une bonne estime de lui-même et sera plus compétent dans la solution des problèmes rencontrés et dans la relation avec ses pairs. Il sera plus curieux, moins anxieux, moins hostile et se considérera comme aimable et méritant de l'affection.

Par contre, si l'attachement ne se fait pas de façon appropriée (en raison d'une figure d'attachement défaillante ou inadéquate durant la première enfance), l'enfant pourra voir le monde comme dangereux et se considérer comme indigne d'amour. A long terme, les enfants avec attachement insécurisant ont davantage de problèmes dans leur fonctionnement émotionnel, social et cognitif.

La plupart de nos peurs ne sont pas innées et sont la conséquences d'expériences traumatisantes. Aussi, notre corps possède sa propre mémoire et se charge alors de révéler la vulnérabilité de notre intériorité à travers des manifestations physiques. Par le biais de la somatisation, nous exprimons l'impensable et l'innommable.

Que peut-on dire de l'anxiété et de l'angoisse?

L'angoisse et l'anxiété ont la même racine étymologique, du laltin angere, qui signifie serrer et qui renvoie aux manifestations physiques de ces états mentaux. Elles appartiennent à la même famille émotionnelle qui est la peur mais avec des degrés d'intensité différents.

Elles sont l'expression d'une préoccupation inquiète de l'avenir, aiguë (l'angoisse) ou chronique (l'anxiété), et sont le témoin plus ou moins justifié d'une fragilité identitaire.

L'anxiété, "c'est simultanément une pathologie nécessitant un traitement, un tempérament et une façon d'être au monde". selon Christophe André, psychiatre et psychothérapeute.

L'anxiété se manifeste sous forme d'irritabilité, de fatigue, de tensions musculaires...

Quant à l'angoisse, elle résulte d'une forte inquiétude face à un danger vague mais ressenti comme imminent devant lequel le sujet se trouve désarmé et impuissant. Elle se manifestent sous forme de crises qui sont difficiles à contrôler avec des manifestations physiologiques telles que sueurs, tremblements, palpitations, difficultés respiratoires avec sensations d'étouffement...

Les psychiatres vont plutôt utiliser le terme d'anxiété, alors que les psychanalystes préfèrent utiliser le terme d'angoisse. Pour ces derniers, il existe deux angoisses fondamentales : l'angoisse de séparation ou d'abandon et l'angoisse de castration qui se transforme ultérieurement par la peur de la mort.

En psychosomatique, l'angoisse sera liée à un problème identitaire. L'angoisse s'inscrit dans la relation à l'autre ; elle se traduit par la crainte d'exister, de se différencier de l'autre. La personne est perdue dans l'autre et sans l'autre et se retrouve dans une situation conflictuelle d'enfermement, voire d'impasse.

Comment gérer nos peurs?

Pour lutter contre l'emprise de cette peur envahissante et paralysante, le traitement médicamenteux peut s'avérer nécessaire mais il est important d'envisager en parallèle une thérapie telle que psychanalyse, thérapie psycho-corporelle, thérapie en psychosomatique relationnelle mais aussi la relaxation, la méditation...Le traitement médicamenteux doit rester provisoire et doit servir d'étayage dans des cas de difficultés majeures, invalidantes pour le sujet. Il est important de comprendre ce qui s'exprime à travers la peur, de remonter à l'origine de celle-ci à travers son histoire pour acquérir la force d'agir sur soi. Le but n'est pas de la supprimer mais de lui donner un sens, de l'accepter comme faisant partie de soi et d'apprendre à la canaliser afin d'appréhender la peur de façon plus sereine.

La méditation de pleine conscience est fortement conseillée en cas de stress, d'anxiété. La régularité de cette pratique permet de rompre avec certaines habitudes inconscientes de pensées et de comportement qui vous empêchent de vivre pleinement votre vie.Ainsi, on pourra remarquer une amélioration de l'humeur, une réduction du stress, une diminution de la fatigue, une amélioration de la tolérance à la douleur et une meilleure présence à soi-même et au monde. C'est un état d'être qu'il faut cultiver chaque jour.

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